Pour cirer des chaussures, partez d’un cuir propre et sec : brosse, crème pour nourrir, cirage pour faire briller, puis lustrage. Le daim et le nubuck, eux, ne se cirent jamais.
En bref
- Dépoussiérez à la brosse.
- Nourrissez avec un peu de crème.
- Ajoutez une pâte de cirage pour plus de brillance et de protection.
- Lustrez à la brosse en crin, puis au chiffon.
Pour dépoussiérer et lustrerNotre brosse en crin de cheval →
Sommaire
- Pourquoi cirer ses chaussures, même neuves ?
- Avec quoi cirer des chaussures en cuir ?
- Crème ou pâte de cirage : quelle différence ?
- Comment cirer des chaussures en cuir, étape par étape ?
- Quelle couleur de cirage choisir : neutre ou teinté ?
- Faut-il faire un glaçage miroir sur des mocassins ?
- Tous les combien faut-il cirer ses chaussures ?
- Quelles erreurs éviter quand on cire ses chaussures ?
- Cuir verni, daim, nubuck, cuir gras : peut-on tout cirer ?
- Questions fréquentes
Pourquoi cirer ses chaussures, même neuves ?
Un cuir lisse fin est poreux : il boit vite l’eau et la saleté. Comme la peau, il a aussi besoin d’être nourri pour rester souple. Le cirage a trois rôles : poser sur le cuir une couche qui repousse l’eau, révéler la profondeur de sa couleur, et prolonger sa vie quand il va avec une crème. Sans soin au moins une fois par mois, les passages répétés du mouillé au sec finissent par abîmer le cuir.
Le cirage nourrit-il vraiment le cuir ? Les avis divergent : certains fabricants présentent leur pâte comme nourrissante ; pour d’autres chausseurs, le cirage agit plutôt comme un maquillage et reste en surface. D’où la répartition la plus courante : la crème nourrit, la pâte protège et fait briller.
Les chaussures neuves se cirent aussi, avant leur première sortie : ce premier soin nourrit le cuir et le protège de l’eau. Certains spécialistes de la patine ajoutent une étape : brosser la paire et passer un lait nettoyant avant ce premier cirage, pour que le produit pénètre bien.
Avec quoi cirer des chaussures en cuir ?
| Outil | À quoi il sert | Le bon geste |
|---|---|---|
| Brosse en crin de cheval | Dépoussiérer, retirer l’excédent de crème, lustrer. | Des poils doux, jamais durs, qui rayeraient le cuir. Si possible, une brosse pour la poussière et une autre pour lustrer. |
| Brosse pommadier ou palot | Appliquer la crème et atteindre les coutures. | Très peu de produit à la fois. |
| Chiffon de coton | Étaler la crème ou la pâte, puis lustrer. | Enroulé autour de l’index, en petits cercles. |
| Gant lustreur ou peau de chamois | Faire briller à la fin. La peau de chamois ravive aussi l’éclat entre deux cirages. | Sur un cuir déjà brossé. |
| Embauchoirs en bois | Éviter les plis pendant le soin et garder la forme. | À glisser avant de commencer, puis après chaque port. |
| Coton-tige, vieille brosse à dents | Atteindre les perforations et le creux des coutures. | Pour les recoins seulement. |
Gardez une brosse et un chiffon par couleur de cirage, pour éviter les taches : c’est la règle chez les chausseurs comme chez les fabricants de produits d’entretien. Pour le chiffon, on recommande le coton ; certains spécialistes déconseillent la microfibre, qu’ils jugent rayante.
Notre brosse en crin de cheval, montée sur du hêtre, sert aux deux étapes qui encadrent le soin : dépoussiérer avant, lustrer après. Pour étaler la crème, prenez un chiffon ou un pommadier. Sur un mocassin, pensez aux coutures du dessus : le crin est assez doux pour brosser des coutures en coton sans les abîmer.

Crème ou pâte de cirage : quelle différence ?
Les deux se complètent. La crème nourrit le cuir et ravive sa couleur. La pâte, vendue en boîte métal, est plus riche en cires, qui forment de 20 à 40 % de sa composition : elle protège, fait briller, et c’est elle qui sert au glaçage. Pour l’entretien régulier et les cuirs secs, mieux vaut s’en tenir à la crème, la pâte restant facultative. Et l’ordre ne change pas : la crème d’abord, la pâte ensuite, jamais l’inverse.
| Produit | Ce qu’il fait | Quand l’utiliser |
|---|---|---|
| Lait nettoyant ou rénovateur | Nettoie en douceur, enlève l’ancien cirage. | Quand le cuir est sale ou chargé de couches anciennes. |
| Crème | Nourrit, ravive la couleur, donne un peu d’éclat. | À chaque entretien, en premier. |
| Pâte de cirage | Protège, fait briller, sert au glaçage. | En option, après la crème, en couches fines. |
| Cirage liquide « auto-brillant » | S’applique vite, mais dessèche et fissure le cuir à la longue. | À éviter. |
| Cirage bas de gamme au silicone | Imperméabilise totalement le cuir. | À éviter. |
D’une marque à l’autre, « crème » et « pâte » ne cachent pas la même recette : certaines crèmes contiennent de l’eau, d’autres des cires et de l’essence de térébenthine. Fiez-vous plutôt à l’usage annoncé : nourrir, protéger ou faire briller.
Comment cirer des chaussures en cuir, étape par étape ?
Comptez 15 à 20 minutes par paire, dont 8 à 10 de vrai travail. Les fabricants et les bottiers suivent la même trame, en partant de chaussures sèches : après la pluie ou un nettoyage, les délais conseillés vont d’une nuit à 24 ou 48 heures. Faites-les sécher posées sur le côté, et jamais contre un radiateur : la chaleur fait rétrécir le cuir, qui durcit et craquelle aux plis. Retirez les lacets s’il y en a, glissez des embauchoirs en bois et, par précaution, installez-vous dans une pièce aérée, loin de toute flamme : plusieurs cirages contiennent un solvant inflammable (voir les erreurs à éviter).
- Dépoussiérez toute la chaussure à la brosse en crin, en insistant sur les plis et sur la jonction entre le dessus et la semelle.
- Nettoyez, seulement si besoin. Un cuir sale ou chargé d’anciennes couches se nettoie au lait nettoyant ou au rénovateur, sur un chiffon, jusqu’à ce que le chiffon ressorte propre. Le cirage, lui, ne nettoie pas : passé sur une chaussure sale, il la ternit.
- Nourrissez à la crème. Très peu de produit : une noisette, voire un petit pois pour les deux chaussures. Étalez-la au chiffon de coton en petits cercles, ou au pommadier dans les coutures, sans oublier la jonction avec la semelle. Laissez pénétrer le temps indiqué sur le pot, de quelques minutes à une heure ou plus selon les marques, puis brossez l’excédent au crin.
- Cirez à la pâte, si vous voulez plus de brillance. Des couches fines, au chiffon enroulé autour de l’index : comptez une ou deux couches à cinq minutes d’intervalle, trois ou quatre si vous cherchez plus d’éclat. Restez léger sur le dessus du pied : un excès de pâte y craquelle au premier mouvement brusque.
- Lustrez à la brosse en crin, en va-et-vient, puis au chiffon de coton ou au gant. Un bas en nylon fait aussi l’affaire : il glisse sans laisser de peluches.
- Laissez reposer au moins deux heures, si possible une nuit, avant de les porter : cirer juste avant de sortir est une erreur classique.

Pour un mocassin en cuir lisse, comme plusieurs de nos mocassins en cuir pour femme, les gestes sont les mêmes ; la croûte de cuir, elle, est un cas à part (voir plus bas). Il existe peu de consignes propres aux mocassins : ne leur passez crème ou rénovateur qu’une fois bien secs, après un ou deux jours de repos, et évitez le glaçage.
Et après ?
Rangez la paire avec ses embauchoirs, dans un endroit sec et à l’abri du soleil, et laissez-lui au moins un jour de repos entre deux sorties. Entre deux cirages, une peau de chamois ravive l’éclat sans remettre de produit.
Le cirage protège-t-il de la pluie ? En partie. Les avis divergent : pour certains, les cires contenues dans la crème suffisent, sauf par temps extrême ; d’autres conseillent d’ajouter un spray. Pour le choisir et savoir quand l’appliquer, voyez notre guide pour imperméabiliser des chaussures.
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Quelle couleur de cirage choisir : neutre ou teinté ?
Dans le doute, prenez du neutre, qu’on appelle aussi incolore : il convient à tous les cuirs et respecte les patines. Un cirage teinté, lui, ravive une couleur passée et masque l’usure ; on le choisit alors le plus proche possible de la teinte de la chaussure. Plus clair, identique ou un peu plus foncé ? Les avis divergent, mais tous rejoignent le neutre quand on hésite.
| Vos chaussures | Le cirage à prendre |
|---|---|
| Noires | Noir, ou neutre. |
| Marron, cognac, bordeaux, bleu marine… | La teinte la plus proche de celle du cuir, ou neutre. |
| Claires (beige, crème) | Neutre, ou une teinte un peu plus claire ; faites un essai sur une partie cachée. |
| Blanches | Blanc, ou neutre. |
| Patinées, à la couleur nuancée | Neutre, pour ne pas effacer la patine. |
| Avec des coutures claires | Neutre à la jonction avec la semelle, pour garder la couleur des fils. |
| Éraflées | Une cire recolorante de la couleur du cuir, appliquée en tapotant. |

Faut-il faire un glaçage miroir sur des mocassins ?
Non : la technique est inadaptée aux mocassins, comme au daim et aux cuirs grainés, et reste réservée aux richelieus et aux derbies habillés. Le glaçage, ou effet miroir, superpose des couches très fines de pâte travaillées avec un peu d’eau. Il ne tient que là où le cuir ne plie pas : on le limite au bout et au talon, car sur les plis, la couche craquelle.
Sur ces chaussures-là, passez d’abord très peu de pâte en petits cercles, puis un produit de glaçage, avec quelques gouttes d’eau quand le chiffon accroche, laissez sécher une demi-heure et finissez au gant lustreur. Comptez 20 à 30 minutes pour le seul bout. Les avis divergent sur l’eau : certains la préfèrent tiède, d’autres à température ambiante.
Tous les combien faut-il cirer ses chaussures ?
Il n’existe pas de règle : aucune étude, seulement des avis qui vont d’une fois par semaine à une fois par mois, voire tous les deux mois pour une paire peu portée. Voici des repères selon votre usage.
| Vous portez la paire… | Rythme repère |
|---|---|
| Presque tous les jours | Une crème toutes les une à deux semaines. |
| Une à trois fois par semaine | Toutes les quatre à six sorties, ou au moins une fois par mois. |
| De temps en temps | Trois à six fois par an, soit tous les deux à quatre mois. |
Le meilleur signal reste le cuir lui-même. Il est temps de recommencer quand il devient terne, que sa couleur s’éteint, que l’eau y marque facilement ou qu’il paraît un peu sec au toucher. À l’inverse, cirer trop souvent sature le cuir : il perd sa souplesse, fonce et attire la poussière.
Quelles erreurs éviter quand on cire ses chaussures ?
| À éviter | À faire plutôt |
|---|---|
| Cirer une chaussure sale ou humide | Brosser, nettoyer si besoin, attendre que le cuir soit sec. |
| Ne passer que de la pâte | Nourrir d’abord à la crème. |
| Charger en produit | Peu à la fois : l’excès bouche les pores, craquelle, et dessèche le cuir aux plis. |
| Aller trop vite | Laisser pénétrer, brosser entre les étapes, laisser reposer avant de sortir. |
| Une seule brosse pour toutes les couleurs | Une brosse et un chiffon par teinte. |
| Glacer toute la chaussure | Le glaçage sur le bout et le talon seulement, jamais sur un mocassin. |
| Alcool, ammoniac, lingettes, pierre blanche | Un lait nettoyant ou un rénovateur pour cuir. |
| Sécher ou chauffer le cuir au sèche-cheveux ou au radiateur | Laisser sécher à l’air, à température ambiante. |
Certains guides conseillent pourtant de chauffer la boîte de cirage, ou le cuir pendant le lustrage, au sèche-cheveux. Nous ne le reprenons pas. D’après leur fiche, plusieurs cirages contiennent de l’essence de térébenthine, un solvant que l’INRS décrit comme inflammable, avec un point d’éclair d’environ 35 °C, nocif à respirer et au contact de la peau, et capable de provoquer des allergies cutanées. Sa fiche porte sur le produit pur, au travail, pas sur un cirage qui n’en contient qu’une partie. Nous en tirons tout de même quelques précautions de bon sens : aucune flamme ni source de chaleur près du cirage, une pièce aérée, des gants si votre peau réagit facilement, et les boîtes hors de portée des enfants.
Cuir verni, daim, nubuck, cuir gras : peut-on tout cirer ?
| Votre cuir | Que faire |
|---|---|
| Cuir lisse | Crème, puis pâte si vous voulez plus d’éclat : la méthode de cet article. |
| Cuir grainé | Les mêmes produits ; brossez un peu plus fort, et passez la crème plus souvent que la cire. Pas de glaçage. |
| Cuir verni | Pas de cirage classique : un produit pour verni, ou un chiffon humide, puis un gant pour lustrer. |
| Cuir gras ou huilé | Une crème pour cuir gras, en couche fine ; en cas de doute, demandez conseil au vendeur ou à un cordonnier. |
| Daim, nubuck | Jamais de cirage ni de crème pour cuir lisse : une brosse, une gomme et des produits pour daim. |
| Croûte de cuir | Demandez conseil à un cordonnier avant d’y passer un produit. |
Sur le verni, les avis s’opposent franchement : pour certains, la plupart des chaussures vernies peuvent être cirées, d’autres l’interdisent, et il existe des produits faits pour elles. Même désaccord sur le cuir gras, que les uns cirent une fois par mois quand d’autres le déconseillent.
Le daim et le nubuck, eux, ne se cirent jamais : une crème pour cuir lisse y pénètre aussitôt, se répartit mal et colle les fibres.
Reste la croûte de cuir, que la fiche ou l’étiquette de votre paire peut indiquer : il n’existe pas de méthode d’entretien établie pour la cirer, et mieux vaut ne pas en inventer une.
Pour nos mocassins en cuir pour homme, la méthode est la même, sauf si la fiche indique du daim ou une croûte de cuir.
Questions fréquentes
Combien de temps laisser sécher le cirage avant de sortir ?
De quelques minutes à une nuit, selon le produit. Comptez au moins deux heures, au mieux une nuit : le plus simple est de cirer le soir pour le lendemain.
Peut-on cirer ses chaussures sans brosse ?
Oui : un chiffon doux suffit, même si la brosse reste préférable.
Faut-il cirer l’intérieur des chaussures ?
Non. La doublure absorbe la transpiration : on n’y met ni crème ni cirage.
Faut-il laver le chiffon de cirage ?
Non. Un chiffon de cirage se « culotte » avec le temps et se garde des années. Gardez-en simplement un par couleur.
Peut-on cirer des mocassins en daim ?
Jamais : le cirage et la crème pour cuir lisse collent les fibres du daim. Il s’entretient à la brosse, à la gomme et avec des produits faits pour lui. Notre guide pour nettoyer des chaussures en daim donne la méthode.
Comment cirer ses chaussures sans cirage ?
Peau de banane, dentifrice, lait, huile de cuisine : ni les fabricants ni les cordonniers ne recommandent ces astuces, souvent rangées parmi les pièges. En dépannage, on admet tout au plus une huile pour cuir.





